MOOD dans le Journal du Palais

Merci à Patrice BOUILLOT, rédacteur en chef du Journal du Palais, pour son article :

MOOD comme « La Main, l’Oreille et l’Oeil de Dijon ». La main qui permet aux sourds de s’exprimer, en langue des signes ou en langue française parlée complétée ; l’oreille, qui peut être appareillée ; et l’oeil, qui permet aux sourds de lire sur les lèvres.

L’association créée par Stéphane Hanquet en novembre 2007 entend fédérer les malentendants et les sourds de la région dijonnaise, par exemple dans le cadre de cafés ou d’apéros « sign’ » une à deux fois par mois – 40 à 70 participants à chaque fois.

L’association se donne aussi l’objectif d’informer et de sensibiliser un large public sur la situation des personnes souffrant d’un handicap auditif, par le biais de conférences – Stéphane Hanquet est déjà intervenu devant des cadres et des personnels de la Mairie de Dijon, d’EDF, de l’INRA ou devant des élèves.

Enfin l’association a déployé un site internet (dijonsourds.fr), source d’informations pratiques pour les sourds et les malentendants. Stéphane Hanquet veut aujourd’hui donner une dimension régionale à ce site, et recherche des partenaires pour l’accompagner, des mécènes prêts à s’investir sur le plan technique ou sur le plan financier.

La vie d’un sourd comme Stéphane Hanquet, 33 ans, est presque « normale » : il lit sur les lèvres pour comprendre ses interlocuteurs, et s’exprime aisément, avec ou sans les mains. Ses parents lui apprirent la langue française parlée complétée – ils furent les premiers à importer cette technique en Bourgogne. Mais Stéphane Hanquet maîtrise aussi la langue des signes. Il s’amuse des querelles entre les tenants de l’une ou l’autre de ces techniques : son association entend les réunir tous.

Ce que les langues qu’il pratique ne lui permettent pas de faire, c’est de téléphoner. Et c’est visiblement ce qui pèche aux yeux des employeurs – même si des technologies comme le visiochat permettent de pallier la difficulté. Malgré un niveau licence en communication et médias, obtenu à Paris, et une formation qualifiante en infographie 3D, au lycée Castel à Dijon, Stéphane Hanquet n’a pas réussi à trouver de travail dans sa voie. Il a travaillé pendant sept ans pour l’association parisienne Musique Et Situations de Handicap, et un an pour l’association Les Mains pour le Dire à Lausanne…

Mais ce Dijonnais, marié et père de deux enfants, espère toujours, comme plus de 35% des personnes malentendantes, trouver un jour un poste en entreprise.

— Patrice BOUILLOT

Le créateur du site DijonSourds.fr cherche des partenaires pour lui donner une dimension régionale…

« Mood, la voix des sourds »

Merci à Cloé Makrides pour son article sur le Bien Public :

HANDICAP. UNE ASSOCIATION QUI TEND L’OREILLE AUX SOURDS ET MALENTENDANTS DE DIJON.

L’association Mood, basée à Dijon, sert de relais d’information pour les personnes sourdes et veut développer les animations accessibles aux sourds et aux malentendants.

Création. L’association La main, l’Oreille, et l’Œil de Dijon a été créée en 2007. Elle regroupe une centaine de membres. Contact. L’association est présente à la maison des associations de Dijon.

Le jeune homme est bavard. Souriant. Dynamique. Il regorge de connaissances et d’anecdotes. Les distille avec humour, et l’envie manifeste de partager. Stéphane Hanquet n’entend pas. Mais ses yeux sont aussi ses oreilles. « Il est vrai que je ne peux pas téléphoner, par exemple », souligne-t-il. «Cependant, aujourd’hui, nous sommes en 2010. Sms, mails… il y a 40 000 moyens de communication : on ne peut pas dire qu’on ne peut pas me joindre ! »

Stéphane Hanquet est responsable projets au sein de l’association Mood. « M.O.O.D. » Quatre lettres pour un sigle : « La Main, l’Oreille et l’Œil de Dijon ». « Le choix du nom de l’association n’est pas anodin. Nous ne voulions pas tomber dans l’éternel cliché “un sourd, ça n’entend pas”. »

« Dans la surdité, il y a deux moyens de communication : la langue française, accompagnée ou non d’un codage que l’on appelle Langue parlée complétée (LPC), et la Langue des signes française (LSF) », continue Stéphane Hanquet. «Nous, nous nous adressons à tout le monde. Ceux qui signent, ceux qui parlent… Nous n’excluons personne. »

Objectifs à atteindre
L’association a trois objectifs : informer les personnes sourdes, sensibiliser les publics (entreprises et associations, notamment) et favoriser les rencontres entre sourds, malentendants et entendants.

« Sur le site www.dijonsourds.fr, nous traitons des événements passés ou à venir, sous forme de vidéos, d’images et de textes courts », explique le jeune homme. L’association propose aussi des activités. Un atelier cuisine devrait ainsi voir le jour au moment des fêtes de fin d’année. « Nous avons aussi des “cafés sign’”, le samedi après-midi, et des “apéros sign’”, le soir en semaine, dont le principe est d’échanger sur des thèmes choisis », note Stéphane Hanquet. Qui tient à mettre les choses au clair : « En revanche, on nous a souvent demandé de faire des formations en langue des signes française mais nous avons toujours refusé. Il y a un centre fait pour ça ! »

Samedi dernier, à la maison de quartier de la Fontaine-d’Ouche, Mood organisait son premier salon dédié à la visiophonie. L’occasion de se renseigner sur les services, proposés par des opérateurs privés, qui permettent aux personnes sourdes d’appeler pour prendre un rendez-vous de médecin, ou commander une pâtisserie… « Aux États-Unis, le centre d’interprètes à distance fonctionne 7 j/7 et 24 h/24. Il est financé par toutes les entreprises, à raison d’environ un dollar par an », souligne Stéphane Hanquet. « Ici, c’est nous qui payons et le service n’est accessible que du lundi au vendredi. Cela pose problème, si l’on a besoin de contacter les pompiers, par exemple… »

Cloé Makrides (Enable Javascript to see the email address)
Publié le 25/10/2010